du vendredi 21 novembre 2008 a publié une enquête très instructive sur le thème des creatives writing ou ateliers d’écriture.
Si les pays anglo-saxons ont une pratique très avancé des cratives wrinting, en France, l’expérience date seulement d’une trentaine d’années. À cette époque, à Paris, Élisabeth Bing créait les ateliers d’écriture du même nom : "un lieu où chacun part à la rencontre de sa propre écriture, l’affine et la déploie, où le texte se travaille, où chacun devient son propre lecteur".
C’est en 1985 qu’Alain André a fondé Aleph-Écriture et, depuis, "l’association
est devenue le principal centre français d’ateliers d’écriture et de formation aux pratiques professionnelles de l’écriture et de la lecture."
Entre temps, à travers l’hexagone, d’autres ateliers ont ouvert leurs portes.
Pour Florence Noiville, rédactrice de l’article Comment former des écrivains, ces cours d’écriture créative "proposent d’acquérir des techniques pour structurer un texte, bâtir une narration efficace, inventer des dialogues, maîtriser une description qui tienne le lecteur en haleine…"
Il est intéressant de souligner que, outre Atlantique, le regard que portent les écrivains et les animateurs d’atelier d’écriture, concernant notre pratique de l’écriture, mérite toute notre attention.
« En France vous avez tendance à considérer que l’on naît écrivain, note Amy Bloom Amy Bloom [1], professeur de creative writing à Yale depuis plus de huit ans. C’est une vision romantique des choses : la grâce tombe sur l’auteur comme, à la Pentecôte, les langues de feu sur les apôtres. Vous n’êtes pourtant pas choqués qu’un peintre travaille sa technique aux Beaux-Arts ou qu’un chanteur d’opéra s’entraîne au conservatoire. Pourquoi la littérature serait-elle la seule discipline artistique qui ne s’enseigne ni ne se perfectionne ?" Du reste, ajoute Amy Bloom, "je ne promets rien à mes étudiants. Je ne leur dis pas : "un grand roman sommeille en vous". Ou "je vais faire de vous l’écrivain du siècle." Je ne leur garantis même pas qu’ils seront publiés. Je veux simplement les aider à devenir de meilleurs lecteurs et à faire la différence entre une bonne et une mauvaise phrase". »
Pour résumer, le programme est simple :

« "Le plus important n’est pas forcément d’être publié", tempère Shaun Levin [2], qui enseigne à Londres. C’est plutôt de prendre conscience que pour écrire il faut écrire, écrire, écrire… et aussi lire, lire, lire. "Je suis stupéfait quand je vois des aspirants écrivains qui n’ont jamais ouvert un bouquin !" »
À vos plumes !
D.P.
Lire l’article du Monde, Comment former des écrivains ? de Florence Noiville.
Lire l’article du Monde, East Anglia, incubateur de talents de Florence Noiville.
Lire l’entretien du Monde, "Bénéficier du regard critique des autres", propos recueillis par Florence Noiville.
Lire article du Monde, Aux Etats-Unis, une industrie en plein essor de Lila Azam Zanganeh.
Lire l’article du Monde, De timides expériences en France d’Alain Beuve-Méry.


