L’un des maîtres incontesté du polar américain vient de s’éteindre à l’âge de 83 ans, à Albuquerque, Nouveau-Mexique, où il résidait depuis 1963.
Journaliste de formation, Tony Hillerman s’est très vite intéressé à l’ethnologie et tout au long de sa vie, il a porté un intérêt particulier et attachant aux légendes indiennes du pays Navajo.
La justesse de ses récits a favorisé l’étude de ses livres dans les écoles des réserves indiennes et a inciter ses lecteurs à croire que du sang navajo coulait dans ses veines.
Mais Tony Hillerman s’est surtout illustré par l’écriture de 17 romans policiers, dont l’action se déroule au cœur des réserves Hopi, Navajo et Zuñi, situées à la croisée des états de l’Arizona, l’Utah et du Nouveau-Mexique.
Les enquêtes de Joe Leaphorn et Jim Chee
En 1970, à l’âge de 45 ans, Tony Hillerman publie un premier roman, La Voie de l’ennemi, qui met en scène Joe Leaphorn, Le Légendaire Lieutenant, personnage doté d’un esprit cartésien et méthodique, et bénéficiant d’une grande expérience dans la police tribale.
Suivront deux autres romans avant la création d’un nouveau personnage, Jim Chee, jeune lieutenant fougueux, mais plus instinctif et religieux que son aîné. Il rêve de devenir shaman.
Pour la première fois, l’auteur les réunit dans Porteurs de peau et signe ici l’une des plus habile rencontre entre deux protagonistes que tout oppose, mise à part leur appartenance à la tribut Navajo et à la police tribale.
Désormais, ils cheminerons ensemble, de près ou de loin selon les enquêtes, se tolérant l’un autre tout en faisant l’apprentissage de leurs différences.
Il ne nous reste plus qu’à revisiter cette séduisante littérature policière où Tony Hillerman a su tracer un chemin singulier en mêlant avec subtilité les intrigues policières à une forme d’écriture poétique.
D.P.




