Dominique Paillard, écrivain conseil.
Secrets d’écrivains

Variations au féminin

L’écriture comme elle va

dimanche 30 novembre 2008 par Dominique Paillard

Extrait d’une interview de l’auteur américain Jason Eric Miller

Rue89H.A. : Comment vous, l’écrivain, êtes parvenu à vous mettre dans la peau d’une femme et d’une meurtrière ?

J. Eric MillerJ.E.M. : Les femmes me fascinent bien plus que les hommes et j’essaie d’appréhender en profondeur la psychologie des femmes que je connais, comment elles me voient, voient les hommes, leurs relations aux hommes. J’essaie surtout de comprendre comment le monde d’aujourd’hui leur parle, parle d’elles, les influence. Lorsque j’enseigne l‘écriture, j’insiste sur le personnage : ses compétence, ses qualités, ses actes, ses gestes. Je relie beaucoup ça à la méthode Stanislavski (« La formation de l’acteur », ndlr). Dans chaque personnage il y a une myriade de variations, qui décrivent tout ce qui compose précisément un individu, comment il a avancé dans la vie, nous et donnent des informations sur la construction et la crédibilité de notre personnage. C’est par ces variations, ces stades, que le lecteur découvre qui est ma narratrice [1] : meurtre de son amant, mort de son fils auparavant, mort des grands-parents, son corps, etc. Un personnage correctement construit n’est jamais extérieur à l’auteur. Il en est une version plus « nourrie ».

Propos recueillis par Hubert Artus pour Rue89 le 11/09/2008.

[1] La femme sans nom du roman de J.Eric Miller, Décomposition, Édition du Masque, 2008


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