Je vous parle d’une ville aux immeubles plantés, crevant les nuages et fissurant les rues.
Je vous parle d’une ville où les vents s’enchevêtrent sur les chaussées froissées
Je vous parle d’une ville où les arbres en squelette cherchent à respirer.
Je vous parle d’une ville puante de sperme, de sueur, de soufre, de sang et de suie.
Je vous parle d’une ville embrasée de lumières, d’étincelles, d’opaque, d’obscur et de sinistre.
Je vous parle d’une ville où les pleurs se mêlent aux rires, où la pluie se mêle aux flammes.
D’une ville d’acier, de pierre, de verre, de marbres et de stuc, mais aussi de carton, de plastique et de sable.
Je vous parle d’une ville aux formes acérées, fluides, coupantes, douces, dentelées et vagues.
Je vous parle d’une ville où les désillusions se battent avec l’espoir.
Je vous parle d’une ville ouverte, remplie, débordante et grouillante, où le poids de l’histoire balance la légèreté des hommes.
URDHINANE, ville serpent aux incessantes mues, ville, serpent, ville, serpent, vie, je vous parle de la vie.
Annie


